Massif des Vosges

Un extraordinaire patrimoine naturel

 

2015

HUMAIN, TRÈS HUMAIN

Le paysage ici s’est construit au cours des millénaires et des siècles autour de la présence de l’homme. Ses pratiques de chasse et d’agriculture, ses traditions cultuelles ou culturelles, ses migrations, mais aussi l’accroissement des populations, les bouleversements de l’histoire - guerres, traités, invasions, révolutions - l’industrialisation, l’urbanisme ou le tourisme, tout cela vient nuancer la vision simple d’une nature vierge et sauvage. Elle représente néanmoins une force imaginaire indéniable. Les contes de notre enfance et de nombreuses images mentales nous ont forgés. C’est un peu la vision d’un paradis perdu. J’aime à croire en tous les cas que ce monde-là a encore sa place aujourd’hui. Massif«passerelle»entre les deux plaines mais aussi sœur jumelle de la Forêt Noire, les Vosges nous relient aux traditions rhénanes et tout autant aux forces de résistance sociales, patriotiques ou identitaires, la Lorraine de Barrès et d’Erkman-Chatrian, l’Alsace mystique de Schuré, les humanistes et les pionniers de la défense de l’environnement et de l’écologie. L’adaptation incroyable et la force de réaction et de vie de la nature ne cessent d’étonner, d’être l’objet de notre curiosité, de nos volontés de défense,nos volontés de jardinier. Ce livre se veut visuel avant tout, pour donner à voir la simple beauté de notre territoire, une immersion dans des mondes fabuleux, mondes «sauvages et fragiles» qui demandent toute notre attention et notre vigilance. Le travail de naturaliste photographe de Laurent Schwebel sur le territoire alsacien et lorrain s’est associé à mes images de paysage et de nature, et quelques dessins sensibles de Frédérique Rich viennent en compléter l’exploration. Comme le dit si bien Christian Bobin: «Il y a autant de merveilles au fond de son jardin qu’à l’autre extrémité du Monde.» Puisse le livre tendre vers cela : la découverte d’un patrimoine naturel sensible, unique, à portée de chemin.

VOSGES GRÉSEUSES

Les roches des Vosges moyennes et du Nord

 

«On dirait que ces montagnes-là sont tombées de quelque planète de science-fiction ou que le pouvoir magique d’un dieu voyageur ou facétieux les a matérialisés ici pour choquer ou étonner les hommes.» le dire du chaman moderne Mario Mercier en dit long sur la particularité étrange des Vosges gréseuses. Elles sont situées essentiellement au nord et au centre du massif. Elles ne dépassent pas 500 mètres d’altitude au grand Wintenberg et atteignent les 1000 m plus au sud au Schneeberg, au Donon ou au Taennchel. le grès du buntsandstein du nord est la pierre de construction des châteaux et demeures, cathédrales et églises. Chargé de galet de quartzite, il devient le poudingue et forme d’étranges rochers de légende, roches à cupules, signes muets de la haute préhistoire, grottes ou mégalithes naturels, ou lieux de cultes celtiques considérés comme hauts lieux d’énergie. les forêts ici prédominent, grandes hêtraies et profondes sapinières. Au nord elles sont davantage investies de pins sylvestres et de chênaies. Certains rochers remarquables offrent des points de vue sur les villages, les bois et les prés. Cette partie des Vosges est soumise à la culture pastorale et à une exploitation forestière importante. Vergers et élevages, habitats dispersés ou villages regroupés sur les flancs se succèdent en vallées, cols et plateaux. les myrtilles et la callune recouvrent les crêtes dégagées, les grands mammifères, chevreuils, cerfs et sangliers, évoluent dans les bois et les vallons. Tout un monde cohabite et se croise, sous le regard de ces géants de pierre endormis.

À l’endroit de la cascade du Heidenbad, la Thur fait une chute de vingt-quatre mètres dans le vide. Heidenbad signifierait «bain des païens », sans doute à cause des grandes cuvettes ou marmites de géants qu’on rencontre le long de la chute. Non loin, les batraciens se réveillent pour leur période d’accouplement après avoir passé jusqu’à six mois d’hibernation. le parcours pour rejoindre leur mare ou étang, lieu de naissance et d’accouplement, peut atteindre deux kilomètres. Le mâle du crapaud commun, deux fois plus petit que la femelle, s’agrippe fermement et frénétiquement au dos de celle-ci.

DANS LES BOIS

Les milieux forestiers des collines et des sommets

 

La diversité géologique des Vosges associée à des contrastes climatiques intenses constitue un terrain propice au développement d’une forêt variée, étagée et nuancée. la nature est ici aussi soumise aux pressions économiques et humaines : chasse, agriculture, promeneurs et randonneurs nombreux à certains endroits. néanmoins la forêt reste un milieu où évoluent et se développent une flore et une faune toute particulière. les Vosges sont souvent associées aux conifères – sapins, épicéas, douglas, pins sylvestres, mais les hêtres, chênes, bouleaux abondent aussi. des forêts d’altitude et leurs arbres tordus aux vallées profondes et buissonneuses, on appréhende là des ambiances mystérieuses reliées aux contes fantastiques, animées par le chant des

oiseaux, pics et passereaux, l’aboiement du chevreuil au loin ou le passage des sangliers, ou bien encore l’odeur des essences et de l’humus. le naturaliste Claude Mutzig disait à ce propos : «La Forêt est notre mère nourricière, notre patrie, le berceau de nos traditions et coutumes. la forêt est ce milieu qui échappe à la société des objets. C’est cela qui nous attire et qui nous pousse à entrer dans les bois, dans une expérience de tous les sens, hors de notre temps».

LES VOSGES NATURE

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